Choisir une formation diplômante pour devenir économiste de la construction : conseils et options

L’accès au métier d’économiste de la construction passe aujourd’hui quasi systématiquement par l’obtention d’un diplôme reconnu, alors qu’il existait encore récemment des professionnels autodidactes en activité. Certaines écoles imposent des prérequis stricts en mathématiques, tandis que d’autres valorisent l’expérience sur le terrain ou la reconversion professionnelle.

Le choix d’une formation dépend autant des aspirations de carrière que des exigences des employeurs, qui privilégient désormais des cursus spécialisés et professionnalisants. Face à la diversité des parcours proposés, l’identification des options réellement valorisées sur le marché du travail reste déterminante.

Économiste de la construction : un métier au cœur des enjeux du bâtiment

Dans le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP), la demande d’experts capables de garantir la faisabilité financière des projets s’intensifie. L’économiste de la construction occupe une position charnière : il navigue entre la technique, le conseil et la gestion. Sa mission ne se limite pas à une étape précise du projet, elle s’étend de l’étude initiale à la remise des clés, en passant par la consultation des entreprises et le suivi minutieux des coûts.

La profession connaît une mutation rapide, stimulée par la digitalisation et le développement du BIM (Building Information Modeling), qui permet de modéliser le bâtiment en 3D et de centraliser l’ensemble des données du chantier. L’intelligence artificielle commence à bouleverser la manière d’analyser les coûts et d’automatiser certaines tâches. Conséquence directe : l’économiste doit élargir son spectre de compétences, maîtriser la gestion de projet, les logiciels de métré et d’estimation, sans jamais cesser de s’informer sur les normes et la réglementation en vigueur.

Voici les compétences actuellement attendues chez ces spécialistes :

  • Maîtrise des outils numériques (BIM, logiciels de métré)
  • Connaissance précise des réglementations et du fonctionnement des marchés publics et privés
  • Savoir-faire en gestion budgétaire, capacité d’analyse, autonomie et rigueur

L’économiste de la construction collabore étroitement avec les architectes, maîtres d’œuvre, chefs de chantier et clients. Il intervient dans le secteur public comme dans le privé, que ce soit en bureau d’études, au sein d’un cabinet d’architecte ou directement dans de grandes entreprises. Les besoins se concentrent particulièrement en Île-de-France et dans les principales métropoles françaises.

La rareté des profils pousse les salaires à la hausse : un salaire brut annuel compris entre 30 000 et 75 000 euros, selon l’expérience et le type de structure. Ceux qui choisissent cette voie conjuguent expertise technique, sens de l’analyse et capacité d’adaptation à un secteur en mutation permanente.

Quels diplômes et parcours privilégier pour se lancer dans la profession ?

Pour exercer comme économiste de la construction, il faut s’appuyer sur une formation solide, taillée pour les enjeux du BTP et l’intégration du numérique. Le BTS Économie de la Construction reste le choix le plus fréquent après le bac. Ce cursus de deux ans forme à la technique, à la gestion et à la réglementation, tout en immergeant rapidement l’étudiant dans la réalité du terrain et du bureau d’études.

D’autres parcours ouvrent la voie à une spécialisation progressive. Le titre professionnel Technicien Supérieur en Économie de la Construction, délivré par l’AFPA, s’adresse en priorité à celles et ceux qui envisagent une reconversion ou veulent valider une expérience déjà acquise. Ce format intensif est plébiscité par les profils expérimentés cherchant à officialiser leurs compétences, ou par ceux qui visent un changement de cap rapide. Pour les professionnels aguerris du bâtiment, la VAE (validation des acquis de l’expérience) permet d’obtenir un titre reconnu, sans passer par un cursus complet.

Côté université, la licence professionnelle Économie de la Construction (notamment à l’université Gustave Eiffel) approfondit la gestion de projet, la modélisation BIM et l’analyse fine des coûts. Le CNAM propose des parcours adaptés aux actifs, comme la licence pro management de projet BIM, qui fait la part belle aux innovations numériques.

Les principales options à considérer :

  • BTS Économie de la Construction : accessible après le bac, cursus de deux ans mêlant théorie et pratique
  • Titre pro Technicien Supérieur (AFPA) : pensé pour la reconversion ou la VAE, formation rapide et professionnalisante
  • Licence professionnelle : spécialisation, double compétence en gestion et technique
  • Formations continues avec le Greta ou le CNAM, adaptées aux professionnels souhaitant évoluer ou se réorienter

Ce panel de parcours traduit la dynamique d’un métier en pleine transformation, où la capacité à manier les outils numériques et à saisir les enjeux économiques du bâtiment fait toute la différence.

Panorama des meilleures formations diplômantes et de leurs spécificités

Pour ceux qui s’orientent vers l’activité d’économiste de la construction, le paysage de la formation propose de multiples itinéraires. La licence professionnelle économie de la construction, proposée notamment à l’université Gustave Eiffel, s’impose comme une valeur sûre : alternance, immersion en bureau d’études, modules dédiés au BIM et à la construction durable. Elle concerne particulièrement les titulaires d’un bac+2 qui souhaitent se perfectionner sur le métré, l’analyse des coûts et la gestion de projet.

Le titre professionnel Technicien Supérieur en Économie de la Construction (AFPA) répond quant à lui aux attentes des candidats à la reconversion ou à insertion rapide. Sa pédagogie mise sur l’expérimentation, les cas pratiques et l’adaptabilité aux différents profils, y compris en alternance.

Les formations à distance progressent à grands pas : l’ESCT propose une formation d’économiste de la construction à distance, articulée autour de plateformes collaboratives, de tutoriels logiciels (REVIT LT, QGIS, ARCHIMEDE) et d’un accompagnement individualisé. Les MOOC de l’UNTEC Academy, accessibles gratuitement, offrent la possibilité de se former sur des thématiques ciblées comme les normes, les appels d’offres ou les nouveaux outils numériques.

Quelques cursus ou certifications à mettre en perspective :

  • Licence pro management de projet BIM (CNAM) : une approche centrée sur la digitalisation du secteur
  • Formations Greta et AFPA : souplesse, alternance, adaptation aux profils adultes en reconversion
  • Certifications outils métiers (BuildingSMART, CAO Dao Formation) : pour renforcer une spécialisation technique

Chaque dispositif répond à une logique propre : acquisition de savoir-faire, approfondissement technique, adaptation aux mutations du BTP. Qu’il s’agisse d’une reconversion, d’un jeune diplômé ou d’un professionnel aguerri, chacun peut trouver la formule qui lui correspond.

Construire son avenir : opportunités, débouchés et conseils pour bien choisir sa formation

Le secteur BTP multiplie les opportunités pour les profils formés à l’économie de la construction. Les employeurs se recrutent du côté des cabinets d’architectes, des bureaux d’études techniques, des entreprises de bâtiment et de génie civil, ou encore dans le secteur public. Les débouchés sont présents sur tout le territoire, de l’Île-de-France à la Loire, de Paris jusqu’en Auvergne-Rhône-Alpes. Les formations reconnues affichent un taux d’insertion professionnelle qui dépasse les 90 %, un signal fort pour les jeunes diplômés comme pour les candidats à la reconversion.

Avant de s’engager, il vaut mieux s’assurer que la formation choisie colle à son projet. Il faut scruter la pertinence des contenus pédagogiques, la reconnaissance du diplôme, la possibilité de suivre un parcours en alternance et la place donnée aux outils numériques (BIM, logiciels de métré, gestion de projet). Le financement n’est plus un obstacle insurmontable : CPF, Pôle Emploi, OPCO (Atlas, Constructys, OPPBTP) accompagnent les candidats tout au long du parcours, en facilitant la prise en charge des coûts. Pour ceux qui ont déjà de l’expérience, la VAE reste une alternative directe et efficace.

Le métier d’économiste de la construction dépasse largement la simple maîtrise des chiffres : il fait le lien entre toutes les parties prenantes du projet, des donneurs d’ordre aux équipes de réalisation. Les perspectives d’évolution existent vraiment : conducteur de travaux, chargé d’affaires, consultant, directeur technique. Les rémunérations suivent, de 30 000 à 75 000 euros bruts annuels, en fonction de l’expérience et de la région.

Pour prendre la meilleure décision possible, il est utile de :

  • Comparer le taux d’insertion et la réputation des établissements de formation
  • Solliciter l’avis de professionnels déjà en poste, via les réseaux spécialisés ou des podcasts comme Économie & Construction ou Métré Minute
  • Examiner les possibilités de stage ou d’alternance, véritables tremplins pour l’emploi

À chaque parcours, sa trajectoire : l’ascenseur social fonctionne à plein dans le secteur, pour peu qu’on sache saisir la bonne marche au bon moment. La filière attend ses nouveaux experts.

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